Un petit pas pour Trump, une claque pour l’humanité

Triste jour que ce Mercredi 9 novembre 2016, où, sortant tant bien que mal de mon lit, les yeux encore à moitié clos par le sommeil, je regarde le résultat des élections américaines. Incroyable : l’abjecte figure porcine me regarde triomphante, dans toute sa bêtise. Imaginez-vous : être pris de nausées, là comme ça, avant même d’avoir pu boire un café. Président Trump ? Vraiment ?

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On a le président qu’on mérite

Cette phrase a sans doute été mon premier réflexe, m’imaginant et maudissant l’insupportable américain moyen inculte, obèse, allant chercher son courrier en 4×4 et votant pour Trump. Cela va sans doute vous paraître un peu agressif, et vous aurez raison. Mais à ma décharge, j’avais besoin d’un café. La journée passant, j’ai réfléchi à la situation et ai cherché à comprendre comment, et surtout pourquoi. Analyse.

Co – co – comment ?

Comment oui, c’est la question. Comment un être aussi vulgaire, provoc, dénué d’intelligence, comment un mi-clown mi-psychopathe raciste et obscène peut accéder à la possibilité de poser son gros doigt boudiné sur le bouton nucléaire ? Et bien c’est très simple mes ami.e.s, de la même manière que Jean-Marie Le Pen a failli gagner notre Game of Throne à nous, en France (Trône qui n’est pas constitué d’épées, mais de baguettes de pain). En même temps, ne rigolez pas trop, je vous rappelle que nous pourrions très bien nous retrouver dans la même situation dans peu de temps (Vous commencez à sentir la baguette de Damoclès au dessus de nos têtes ?).

Prenons des chiffres afin de balayer l’idée reçue que l’abstention en masse a fait gagner Trump, ou encore celle que l’on pourrait se faire concernant son électorat.

  • La participation (54,2%) n’a pas été particulièrement basse par rapport aux 40 dernières années
  • 45% des diplômés du supérieur ont voté pour lui
  • Il obtient 8% dans la communauté noire, 27% chez les latinos et 37% d’autres ethnies
  • La classe ayant voté le plus pour lui est la classe moyenne

Plutôt bizarre, non ? La classe moyenne est celle qui l’a élu, avec dedans un pourcentage non négligeable de gens instruits et d’ethnies différentes, voire carrément celle qu’il a dans le collimateur (ou, devrais-je dire, dans la bétonnière). Mais alors, comment Trump, dont j’ai précédemment cité les qualités et les attraits, a été élu par un échantillon assez représentatif de la population, alors même que Clinton a obtenu plus de voix ? Avec les deux mots magiques, « Grands électeurs ». Au cas ou vous ne seriez pas familier avec le concept, je vais vous l’expliquer mais je vous conseille au préalable d’ouvrir un tube de colle forte, de l’approcher de votre appendice nasal, et de sniffer un grand coup afin d’être plus en phase avec ce qui va suivre. Ça y est ? Je reprends.

Les grands électeurs

Les élections aux Etats-unis fonctionnent de la manière suivante (en bref) : Les citoyens votent pour un candidat. Chaque état totalise les votes, et nomme des grands électeurs correspondant au parti du candidat, avec une « subtile » différence selon les Etats :

  • 2 des 50 Etats nomment le pourcentage de grands électeurs correspondant au score du candidat en pourcentage (Exemple : Dans un état donné, si Clinton obtient 50% des voix, 50% du total des grands électeurs de l’état seront démocrates.
  • Le « Winner take all » (Le gagnant prend tout – reprenez donc un peu de colle) : Dans 48 des 50 états, le candidat ayant le plus haut score remporte tout les grands électeurs. (Exemple : Trump remportant la majorité des voix en Floride, il obtient donc la totalité des 29 grands électeurs. Pas mal non ?)

Les grands électeurs sont au total de 538. Les Etats ayant le plus de grands électeurs sont la Californie, le Texas, New York, la Floride, et la Pennsylvanie. Ces 5 états totalisent a eux seuls 171 des grands électeurs, et font partie du système du « Winner take all ». La Californie et l’état de New York sont les seuls à être restés démocrates. La manière dont Trump a gagné vous apparaît plus clairement ? Avec un bon score dans 3 de ces 5 états stratégiques, un candidat peut donc remporter une élection pour la présidence, en ayant 2 millions voix de moins que son adversaire, comme cela a été le cas.

Je tiens à vous signaler que même si nous ne somme clairement pas en démocratie en France, pas dans sa définition pure, tout du moins, c’est encore moins le cas des Etats-unis, ou un candidat n’ayant pas la majorité peut gagner. ! Je propose donc de remplacer officiellement le mot « Démocratie » par « Mascarade », et je reste poli. Comme disait Desproges, « nous vivons dans un siècle qui a solutionné tous les problèmes d’importance en appelant un chat un chien ! ».

Maintenant que nous avons vu comment un guignol intégral a pu braquer le poste de responsable politique le plus important de la planète – d’ailleurs, que l’on ne me demande plus JAMAIS 5 ans d’expérience dans un entretien d’embauche, voyons pourquoi des gens, des étrangers, des diplômés ont votés en masse pour « ça« .

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Imma fuck yall modafucka

Pourquuoooooooiiiiiiiii ?

J’aime glisser des blagounettes au détour de mes lignes pour vous faire sourire. Vous le savez. Mais je vais raccrocher mon nez rouge pour quelques instants. En effet, ce que je vais dire maintenant est des plus sérieux.

Pourquoi, Trump, et pourquoi, de manière plus général, les partis d’extrême droite grossissent dans tous les coins du monde occidental ? La sentez-vous, cette odeur putride et entêtante, entendez-vous le vent se lever et véhiculer un son, d’abord inaudible puis martelant de plus en plus fort, « Identité Nationale » ?

J’ai pas mal cogité sur la question, et j’ai un début d’explication. Je vous la donne en mille : Les gens en ont marre qu’on se paye leur gueule. Je ne vois pas de manière plus élégante de le dire.

Bon d’accord, je développe : Les gens sont en colère. En colère de n’être jamais consultés sur rien. La classe politique leur impose tout, faisant fi dans sa grande majorité des protestations, et se permettant, derrière, de leur faire porter le chapeau de leurs échecs. Pour résumer, c’est le peuple qui porte la responsabilité, et dans le même temps, ne prend pas les décisions. Et ce n’est sans doute pas vous qui allez me contredire, le papier que l’on va mettre dans l’urne tous les 5 ans  en prenant des promesses foireuses pour argent comptant ne s’appelle pas prendre les décisions.

Donc, à un moment, la coupe et pleine, les gens ont comme le besoin d’envoyer un signal fort au système politique, et ce message, en l’occurrence, c’est un majeur tendu bien haut, avec le postiche blond bien dégueu de Trump au bout. Alors bien sûr, il y a des gens qui pensent réellement que ce personnage est leur héros, qui va rendre l’Amérique géniale à nouveau, mais ce phénomène a clairement joué dans son élection. Et en même temps, j’ai un peu envie de dire à la politique « traditionnelle » : vous ne l’auriez pas un peu cherché par hasard ?

Un exemple parmi tant d’autres (malheureusement) de ce qui ne va pas avec nos gouvernements : la classe moyenne est de plus en plus étranglée financièrement, parce que l’on s’attend à ce qu’elle compense l’énorme manque à gagner pour les économies des Etats de tous les milliards que la finance mondiale va mettre dans les paradis fiscaux, sans que la classe politique ne fasse quoi que ce soit pour empêcher ça.

Là-dessus, un gros flan tout mou vient nous dire que son ennemis, c’est la finance, pour ensuite prendre un banquier comme ministre de l’économie et faire le jeu des élites. Mais Mr Hollande, ou Mr Sarkozy, ou les autres pitres en costard, comment pouvez-vous vous moquer des gens qui vous élisent à ce point ? Comment, ensuite, drapés dans votre république, pouvez-vous ne pas comprendre que vous faites le jeu des extrêmes ?

Ces partis extrêmes, donc, qui eux, n’ont aucun mal à diriger l’exaspération aveugle des électeurs vers leur propre cause. Le truc avec l’exaspération de masse, c’est qu’elle est très facile à manipuler, et, par là même, qu’elle peut mettre des idées sordides dans les têtes. Entendons-nous bien : L’extrême droite n’est pas la solution que l’on nous fait miroiter, ce serait tomber de charybde en scylla. La solution viens de nous. Nous devons tendre à prendre plus de poids dans le processus démocratique, pas le donner à des fachos. C’est encore un sujet complexe qui fera l’objet d’un autre article, mais en attendant, si vous avez envie de faire un vote de protestation, la meilleure chose qu’il vous reste à faire est encore de ne pas voter.

Cet article sort un peu du contexte de ce blog plus axé sur le numérique, mais c’est un sujet préoccupant dont j’avais envie de parler. N’hésitez pas à réagir (de manière constructive) si vous le souhaitez, et à bientôt pour de nouvelles actus !

Adam Écrit par :

Développeur web et webdesigner en Freelance passionné de code et de design. Autodidacte et amoureux de la connaissance, je suis curieux et passe mon temps à apprendre de nouvelles choses, que j'ai envie de vous faire partager !

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